Tiers-lieux : Pourquoi les tiers-lieux ?
Introduction
Ceci n'est pas un article Wikipédia. Il s'agit d'un « état des lieux » de mes recherches en vue de refaire la définition wikipedia de « tiers-lieu ».
Selon moi le tiers-lieu est une configuraion sociale constatée par un sociologue, soit un scientifique.
On peut dire d'un lieu : « Ceci est un tiers-lieu » car cela donne un exemple de tiers-lieu mais on ne peut pas dire « Un tiers-lieu, c'est ceci. » car cela sous-entend que le lieu montré défini le tiers-lieu.
Je pense que c'est le problème rencontré en France car nous en arrivons à de multiples définitions, toutes plus ou moins justes mais surtout toutes plus ou moins fausses également.
S'il a été si difficile à Oldenburg de théoriser le tiers-lieu et en retirer des caractéristiques communes à tous, c'est précisémment car il a été confronté à ce problème d'avoir un ensemble de définitions contradictoires.
Cela arrive lorsqu'on ne maitrise pas encore le concept dont on parle, raison pour laquelle, dans le monde, il y a tiers-lieux de Oldenburg, étudiés et utilisés par des sociologues, des historiens, ... , enfin bref, des scientifiques.
Et en France d'abord puis en Belgique Wallone, il y a les tiers-ileux vu par des économistes, des managers, des urbanistes, des architectes, ... partis d'un ensemble de définitions toutes plus ou moins justes et plus ou moins fausses, mais qui ne sont pas des scientifiques.
Au lieu de simplement voir ce à quoi Oldenburg était arrivé comme caractéristiques, la majorité des structures parlant de tiers-lieux ont leurs propres caractéristiques, basées sur les exemples qu'ils connaissent car c'est beaucoup plus arreangeant.
Si on me parle d'un tiers-lieu qui ne correspond pas aux caractéristiques d'Oldenburg, c'est que l'on ne parle pas de tiers-lieux. Si on justifie cela par l'évolution des tiers-lieux, c'est que l'on a pas compris ce qu'était un tiers-lieu.
Selon moi, il faut voir le terme « tiers-lieu » comme on voit le terme « restaurant » qui se définit simplement comme étant un lieu où l'on reçoit de la nourriture contre de l'argent. Même si pour la majorité des gens un restaurant sera un lieu où l'on s'asseoit, où un serveur nous amène une carte, où on a un large choix autant de nourriture que de boissons, le tout préparé en cuisine, un restaurant c'est également un fast-food ou un kebap... Si on va sur le site de McDo, ce sont des « restaurants » qu'ils nous proposent.
Le tiers-lieu selon Oldenburg
Un tiers-lieu, c'est quoi ?
Ray Oldenburg, avec Dennis Brisset, a théorisé le tiers-lieu dans un article de 1982 intitulé « The Third Place »[1] avec trois caractéristiques :
- Le lieu : le tiers-lieu est un lieu public, accessible, intégré à la vie sociale des habitants. Il est là pour permettre des relations et expériences impossibles ailleurs.
- La sociabilité : La principale expérience est la sociabilité pure. Les auteurs se basent sur les travaux de Georg Simmel pour qui la « sociabilité pure » est un besoin naturel.
- L'importance de la discussion : Les auteurs se basent sur les travaux de Orinn Klapp qui différencie les symbolismes « discursif » (discussions formelles dans le but d'apprendre « de » l'autre) et « non discursif » (discussions non formelles dans le but d'apprendre « sur » l'autre) et voient dans le symbolisme non discursif une des conditions de la sociabilité pure.
C'est une configuration sociale qui n'est ni la privée, ni la profesionnelle et dans laquelle aucune de ces deux-ci ne doit venir intérferer.
Il publiera plusieurs ouvrages et articles :
- 1982 : The Third Place : contient 3 caractéristiques
- 1989 : The Great Good Place : contient les 8 caractéristiques finales et quelques exemples
- 1996 : Our Vanishing Third Place : explique les effets négatifs de leur disparition aux États-Unis.
- 2000 : The Great Good Place 2nd editioin : ajoute des exemples, leurs place dans les événements historiques et politiques et des réponses aux critiques.
- 2001 : Celebrating the Third Place : Donne plusieurs exemples dans lesquels la configuration tiers-lieu peut être retrouvée.
- 2013 : The Café as a Third Place
- 2019 : The Joy of Tippling : explique pourquoi l'alcool facilite la sociabilité dans les tiers-lieux...
- 2023 : Les tiers-lieux, des espaces citoyens à part entière (en collaboration avec Karen Christensen)
- 2025 : The Great Good Plance 3st edition : se basant sur ses travaux à sa mort, devrait quasi doubler la taille du livre.
Pourquoi « The Great Good Place » ?
Car c'est le nom d'une nouvelle de Henry James, écrite en 1900, portant le même nom.
Elle raconte l'histoire de Georges Dane, surmené et révant d'un endroit où se reposer et être « oublié ». Il fera une rencontre qui l'amènera dans un lieu répondant à ses exigeances, où le temps semble être suspendu et où il rencontrera d'autres personnes ayant les mêmes problèmes : « The Great Good Place ». Il en ressortia appaisé.
Comment on reconnait ça ?
Grâce aux huit caractéristiques de « The Great Good Place » :
- Terrain neutre : le tiers-lieu est un lieu public, n’entraînant aucune obligation pour la personne le fréquentant.
- Niveleur : le tiers-lieu est un lieu qui nivele les gens (le sens provenant des niveleurs) dans le but d'abolir les rangs sociaux et la hiérarchie. Toute personne présente est l'égale de l'autre.
- Communication : le tiers-lieu est un lieu où la discussion doit être l'activité principale. Chacun est libre de s'exprimer.
- Accommodant et accessible : Le tiers-lieu est accessible et disponible aux moments où son utilisateur en a besoin et peut s'attendre à le trouver accessible.
- Noyau dur :Le tiers-lieu se définit par la communauté qui aura choisi ce lieu, qui lui donnera son orientation et dont l'unité incitera d'autres personnes à vouloir les rejoindre.
- L'ambiance : Le tiers-lieu est un lieu où la discussion non formelle est la norme.
- Une autre maison : Le tiers-lieu est un lieu où l'on se sent « comme chez soi » et où les particularités de l'individu sont acceptées.
- Profil bas : La simplicité du lieu ne permet qu'à ses habitués de le reconnaître comme un réel tiers-lieu.
À quoi ça sert ?
Sociabiliser et donner aux personnes le fréquentant un sentiment « d'affiliation » à un groupe, afin de former une « communauté », c'est à dire un groupe de gens qui se réuniront autour d'un lieu physique, quel qu'il soit, pour sociabiliser, de quelque manière que ce soit.
Et pourquoi on ferait ça ?
Car la bonne santé mentale passe par avoir des amis proches et des amis par affiliation, les deux étant indispensables.
En quoi le tiers-lieu est utile ?
Le tiers-lieu est un régulateur social qui permet à chacun de modifier son point de vue en fonction de celui des autres.
Pour la majorité des gens, il n'est pas possible d'entretenir à la fois un cercle d'amis poches et par affiliation satisfaisant en se réunissant uniquement dans les domiciles des uns et des autres.
Il faut donc passer par un lieu tiers.
Vraiment utile ?
Oui car ce sont les lieux qui auront permis toutes les réflexions ayant amené aux plus grandes évolutions sociales en permettant d'organiser actions et pensées.
Il prend pour exemple :
- La révolution américaine
- L'évolution des lois anti-ségrégationnistes
- La naissance du mouvement ouvrier en Europe
Donc c'est bien ?
Oui, mais selon Oldenburg, les « réformateurs sociaux » n'aiment pas que l'on sociabilise dans un lieu public car c'est une occupation qui n'aurait pas lieu d'être si ceux qui le fréquentent s'arrangeaient pour avoir un meilleur chez-eux.
Pour eux il est donc inutile d'améliorer l'espace ou les lieux publics et il faut pousser les gens à améliorer leurs espaces privés.
Et s'il n'y en a plus, ça veut dire quoi ?
Ca veut sans doute dire que vous vivez dans un état totalitaire...
Dans ses lives, Oldenburg donne plusieurs exemples de cas où ce qui permettait le totalitarisme passait par supprimer les tiers-lieux.
Pour Oldenburg le tiers-lieu est un des fondements de la démocratie.
Il donne de exemples de tiers-lieux ? Qu'on comprenne un peu !
Oui. Pleins :
- Agora de la Grèce antique : 😍
- Forums de la Rome antique : 😍
- Cafés londoniens du 18ème siècle et pubs actuels : 😍
- Cafés viennois : 😍
- Tavernes et cafés un peu partout en Europe : 🤔
- Bistros français : 🤨
- Parking où glandent les jeunes car ils n'ont pas d'autre endroit où aller : 😒
- Les fast-foods où se réunissent les jeunes : 😒
- Parking d'un grand magasin où des gens se réunissent pour boire l'alcool qu'ils ne peuvent pas boire à l'intérieur : 😱
- ...
😱 Parking où boivent des gens ???
Oui, c'est un bon exemple qu'Oldenburg donne ici et qui est visiblement une pratique courante aux États-Unis et pour qui la connait, en Europe.
Ce ne sera certainement pas le tiers-lieu d'une grande majorité de gens, mais c'est le leur, ils s'y retrouvent pour boire, discuter et forment une communauté.
Avis personnel
Ce dont il faut se rendre compte c'est que ce n'est pas le lieu qui fait le tiers-lieu. Un lieu aura plus de chance d'être un bon tiers-lieu si certaines choses sont mises en place, mais ce n'est pas acquis.
La configuration tiers-lieu doit être vue comme un indicateur de ce qui doit être modifié ou non dans l'environnement.
Si des gens font tiers-lieu à un endroit incongrus, c'est qu'il n'y a pas d'autre lieu où les accueillir. Les déplacer ou les chasser ne supprimera pas le tiers-lieu, il le déplacera et n'enlévera pas la nécésitté d'un autre tiers-lieu plus adapté à cette communauté.
Si les gens ne font tiers-lieu nulle part ou n'ont réellement nulle part où le faire, là c'est grave, d'où l'importance des espaces publics pour identifier les communautés en ayant besoin.
Est-ce qu'Oldenburg voit de « mauvais » tiers-lieux ?
Oui, Oldenburg parle de ce qu'il appelle les mauvais tiers-lieux ou les tiers-lieux « ratés ».
- Les lieux accessibles uniquement en voiture et trop éloignés
- Les lieux trop bruyants ne permettant pas une bonne communication
- Les lieux exclusifs ou où un groupe exclusif a trop d'importance sur les autres
- Les lieux trop connus dans lesquels les gens vont par mode et qui deviennent surchargés.
- Les lieux qui incitent à la consommation et qui deviennent des lieux d'isolement pour ceux le fréquentant. Il les appelle des « tavernes mortes » car même s'il y a plusieurs personnes, elles sont toutes « seules ».
- Les lieux en rapport avec la criminalité
- Certaines chaînes de cafés, à l'ambiance institutionnelle et prévues pour offrir de grands volumes[2].
- ...
Enfin, il voit aussi un problème avec les pouvoirs publics qui peuvent limiter l'attrait des tiers-lieux en légiférant et les régulant.
Tu parles quand même beaucoup de « communauté ».
En effet, pour Oldenburg une communauté est un ensemble de gens qui se réunissent spontanément de par leur proximité et leur besoin de sociabiliser.
Mais en marketing, il existe un concept que l'on appelle la « communauté de marque », utilisé par exemple chez Apple, BMW, Nintendo... et maintenant par beaucoup d'influenceurs sur les réseaux sociaux (ils ont tous leur « commu ».)
Quand Oldenburg parle de mauvais tiers-lieu en parlant de certaines chaines de café, ce n'est pas pour rien. Starbucks est une chaine de café qui s'est dit :
- Starbucks = cafés
- clients = communauté (de marque)
- Starbucks = cafés + communauté = tiers-lieux.
- CQFD
Depuis, ils communiquent comme étant une réponse au besoin de « Third Places ».
Lorsque Oldenburg parle de « communauté » c'est au sens sociologique du terme, tel que lui l'a décrit et documenté, et non marketing. Il a vivement critiqué cette utilisation du terme.
Mais Starbucks sera loin d'être le seul à le faire[3].
Donc on ne sait pas institutionaliser un tiers-lieu ?
Non.
Est-ce qu'il n'y aurait pas d'irréductibles gaulois qui se seraient dit qu'ils le feraient quand même ?
Oui.
Au fait... C'était pas un peu un alcoolique l'Oldenburg ?
Peut-être pas mais son oeuvre tourne autour de lieux où l'on boit et la personne avec qui il a théorisé les tiers-lieux au début, Denniss Brissett, est un spécialiste de l'alcoolisme en tant que sujet d'étude, ayant étudié entre autres le déni chez les alcooliques.
Le fait de ne pas connaître Oldenburg par son oeuvre mais par la vision qu'en ont eu des sociologues francophones, parfois en n'étudiant pas directement les tiers-lieux de Oldenburg, a donné une vision biaisée, dès le départ, du tiers-lieu.
- « The Third Place » : Oldenburg et Brissett expliquent que l'alcool n'est pas obligatoire dans un tiers-lieux même si la grande majorité d'entre eux sont des bars ou des tavernes.
- « The Great Good Place » : Oldenburg nous présente quasi que des lieux où l'on boit de l'alcool. Il explique qu'il n'y a plus assez de lieux proches où créer une communauté, amenant aux « tavernes mortes » plus éloignées car les gens y boivent plus.
- « Our vanishing third places » : Dans un article de cinq pages, le mot « taverne » est utilisé quinze fois.
- « The Great Good Place 2nd edition » : Pour Oldenburg les lieux où l'on sert de l'alcool et qui deviennent tiers-lieux ne sont pas considérés à leur juste valeur. Il y a un chapitre, intitulé « Basic synergism » qui parle de la synergie parler/boire. Selon Oldenburg, le fait de boire facilite la discussion et le fait de discuter incite à la modération afin de pouvoir continuer la discussion. Il estime aussi que la consommation d'alcool est préférable dans un tiers-lieu qu'au domicile où elle pourrait être plus problématique car non contrôlée.
- « Celebrating the third place » :
- il reprend le témoignage d'une personne ayant ouvert un tiers-lieu, disant que les dirigeants oubliaient que Jésus aussi buvait du vin. Et que Jésus était si sociable qu'il a transformé l'eau en vin à un mariage pour que les gens puissent continuer à « célébrer »...
- Il donne l'exemple de lieux où l'on peut acheter une bouteille de whisky à plusieurs pour la boire « à son rythme » en pouvant prendre de la glace au besoin et reprendre chez soi ce qui n'est pas bu
- ...
- Mais il donne quand même des exemples où l'on boit plutôt du café.
- « The Café as a Third Place » : Oldenburg fait ici la différence entre les « wet counties » et « dry counties » et note un capital social beaucoup moins élevé dans les « dry counties » où l'alcool et sa consommation publique sont lourdement réglementées.
- « The Joy of Tippling » : 202 pages pour nous expliquer la joie du « Tippling » et le problème des puritains, ce qui, dans ce livre et remis dans notre société pourrait être traduit par : « La joie de l'apéro » puisqu'assimilé à une consommation régulière mais modérée. Ce livre nous explique :
- La consommation modérée d'alcool est bénéfique socialement
- L'importance (encore) des lieux où il est possible de le faire
- Les bienfaits de la consommation modérée sur la santé et le fait que ces consomateurs vivent plus vieux que ceux qui ne boivent pas ou trop.
- La prohibition a amené à :
- des gens qui boivent trop
- de la corruption
- le développement de la mafia
- des tiers-lieux sans contrôle
Avis personnel
Selon moi, il est évident qu'Oldenburg voit le tiers-lieu autour du « produit » consommé dans le lieu, que ce soit de l'alcool ou le café, mais les deux sont des substances faites pour modifier l'état d'esprit et faciliter la sociabilité.
Il ne faut pas oublier que la caféine, c'est ce avec quoi on coupe la cocaïne et les amphétamines car a plus ou moins les mêmes effets.
Les cafés de l'époque dont parle Oldenburg ne sont pas du tout les cafés Senseo ou Nespresso, et surtout "déca", que l'on nous sert maintenant, c'étaient des trucs costauds, très costauds...
Depuis qu'on a allégé les cafés pour qu'ils ne soient plus comparables à une dose de speed, on sert aussi dans les « cafés » de l'alcool... Au moins du vin et de la bière.
Il pourrait en aller de même avec les coffee-shop hollandais où le cannabis est légal et est le produit utilisé dans ces lieux.
Mais si quelqu'un minimise l'alcool dans les travaux d'Oldenburg, il a tort car c'est un élément central dont il parle (beaucoup) dans toutes ses publications.
La France, l'exception
Pourquoi « tiers » et pas « troisième » ?
- En Français, le terme « tiers lieu » existe depuis le 12ème siècle pour désigner le purgatoire et est encore utilisé pour ce cas [4] [5] [6]. Il est donc un terme « courant » chez les fervents catholiques.
- Le terme a été utilisé par Guy COQ en 1994 en parlant des « tiers lieux éducatifs », lieux qui ne seraient ni le domicile ni l'école, pour aider des jeunes en difficulté ou non[7] afin de faciliter le passage à l'âge adulte. Guy Coq est un intellectuel et philosophe qui, même si défenseur de la laïcité, est un fervent catholique, anti-PACS et anti-mariage pour tous. Il est plus que probable que même si très similaire aux tiers-lieux de Oldenburg, ce soit du tiers-lieu catholique que vienne le terme.
- Confusion avec le « tiers espace » de Soja, ce qu'Antoine Burret indique dans sa thèse[8], car terme courant et déjà utilisé dans plusieurs publications qui s'applique parfaitements aux bureaux partagés de haut standing qui ne sont pas tiers-lieux.
La première utilisation du terme tiers-lieu pour parler des « thid place » de Oldenburg remonte à 2009 et à un article de Fabien Eychenne[9], qui est une explication simple du concept mais qui mêle les termes « Troisième lieu » et « tiers-lieu ».
Contacté directement par moi-même (Marc Vanlindt 🍺🍟 (💬 / 📓)) sur LinkedIn, Fabien Eychenne m'a dit avoir utilisé ce terme en référence au tiers-secteur et à un article de Catherine Tourrilhes, de 2006 intitulé « Innovations et ruptures avec les jeunes en difficulté »[10] dans lequel elle emploie plusieurs fois le terme, selon la vision de Guy Coq.
Comment ça a commencé ?
En 2006, trois étudiants de San Francisco décident de créer le premier « espace de coworking », la « Hat Factory » (Haitian Factory), basée sur le concept du tiers-lieu puis le « Citizen Space » en établissant une charte directement calquée sur les caractéristiques d'Oldenburg. Le but est le bien-être de la communauté et non le profit. De plus l'accès est ouvert à tous, gratuitement et sans abonnement. Ils voient comme premiers espaces de coworking les hackerspaces d'Europe des années 90, tel que le C-BASE de Berlin.
En 2009, les premiers Fablabs, hackerspace, makerspace, espaces de coworkings selon la vistion du Citizen space... commençent à se créer en France, dans une configuration tiers-lieu puisque créés sur un modèle associatif par des communautés déjà existantes, s'inspirant des modèles internationaux.
Ces initiatives commenceront alors à intéresser les médias et le grand public.
C'est bien pour les tiers-lieux ça ! On va commencer à comprendre ce que c'est !
Non car cela ne présentera en France que certains tiers-lieux, minoritaires, qui sont des lieux où la sociabilisation passe par l'apprentissage, le fait de « travailler ensemble » et nécessitant en général un lieu à part que l'on pourrait facilement confondre avec des bureaux à la demande..
C'est très bien comme lieux, mais les tiers-lieux ne se limitent pas ça et il y a risque de confusion.
Et alors ?
Il est compliqué et chiant pour un francophone de lire un livre quasi introuvable, non traduit ou même des tas de pages internet en anglais.
On préfère passer par une explication ou la définition Wikipédia mais la définition Wikipédia ne commencera à ressembler à quelque chose qu'à partir de 2016.
Vu que le concept de « tiers-lieu » n'est pas tout ce qu'il y a de plus simple, les explications données dans chaque tiers-lieu diffèrent et commencent toutes par un : « Un tiers-lieu, c'est quand... » ou « Un tiers-lieu, c'est par exemple... ».
Et nous avons donc, en général, des exemples, une explication vague du concept et des tentatives de retirer des caractéristiques de tout ça.
Non... Tu éxagères ! Comme si la France allait se laisser aller à ce genre d'approximations ! On a « France Tiers-Lieux », qui travaille avec le gouvernement, ils savent, eux !
Leur définition :
Espaces de coworking, friches culturelles, fablabs, tiers-lieux nourriciers… ils ont en commun de mutualiser des espaces et des compétences, hybrider des activités et réunir un collectif citoyen engagé, favorisant la coopération pour répondre aux enjeux de leur territoire.
Le terme « tiers-lieu », originaire des Etats-Unis, provient de l’anglais « third place ». Le tiers-lieu est défini au départ par le sociologue Ray Oldenburg (décédé en novembre 2022) à la fin des années 80, de manière simplifiée, comme un lieu où les personnes se plaisent à sortir et se regrouper de manière informelle, situé hors du domicile (first-place) et de l’entreprise (second-place).
Ce sont des lieux du faire ensemble : des leviers d’innovation grâce aux espaces partagés qu’ils offrent, des lieux de rencontres et de partage qui encouragent aux collaborations et aux projets collectifs.
Nous avons donc : des exemples, une mention vague à Oldenburg, et une tentative de trouver des caractéristiques communes à tout ça.
Puis quand ils donnent les caractéristiques de ce qui fait tiers-lieu, on se rend compte que malgré la mention à Oldenburg, en fait, ils ne l'ont juste jamais lu :
- L’entrepreneuriat ancré dans le territoire
- L’expérimentation et la création
- Hybridation d’activités et de revenus
- Vie, convivialité et mixité
- La libre contribution et l’évolutivité
Oui... Baaah... Les tiers-lieux, ça évolue !
Non, ça n'évolue pas les tiers-lieux. Et ce n'est pas censé évoluer.
C'est une configuration sociale constatée par un sociologue, qui est un scientifique. Si cette configuration sociale évolue et s'hybride,elle devient autre chose jusqu'à ce qu'un sociologue lui trouve un nom à part entière.
Depuis 1989 et « The Great Good Place » jamais Oldenburg n'a fait « évoluer » les tiers-lieux, il les a juste mieux documentés.
Quand un chercheur écrit un article sur les tiers-lieux à l'ère ptolémaïque[11] on ne va pas aller lui demander de ré-écrire son article car « les tiers-lieux ont évolué » et que la définition actuelle en France ne correspond plus à celle qu'il a utilisé.
Bon ben on dit qu'il y a les « troisièmes lieux » et les tiers-lieux alors, comme ça tout le monde est content
Oui, d'ailleurs dans sa thèse de 2017 sur les tiers-lieux, Antoine Burret dit clairement que les lieux se revendiquant tiers-lieux ne sont plus du tout les « third place » de Oldenburg. Il y'a Movilab également qui fait clairement la distinction puisque se basant principalement sur les publications d'Antoine.
Mais il y a lui, ceux qui l'ont lu et sont d'accord avec lui et les autres. Et les autres sont beaucoup plus nombreux.
Mais comment en est-on arrivé là ?
Car de gros groupes ont vu leur intérêt dans toute cette confusion...
Mais au fait, combien y a de tiers-lieux en France ???
- 3 500 selon France Tiers-Lieux.
- 41 000 selon Ray Oldenburg.
Du tiers-lieu de Oldenburg au tiers-lieu français
Mais par où commencer ?
On va commencer par le coworking.
Ah, c'est simple ça !
Euh...
Non ? C'est pas simple ?
Contrairement à ce que l'on pense, l'espace de coworking est clairement défini. En 2006, Chris Messina (le gars qui a inventé le hashtag) créé le wiki de coworking.org (aussi .com) où l'historique des espaces des coworkings nous indique que celui considéré comme ayant lancé le mouvement est le « Citizen Space » de San Francisco.
Ce site et ce wiki sont là car ceux qui défnissent les espaces de coworkings ne sont pas ceux qui les créés mais ceux qui les utilisent.
Ces espaces ont des valeurs fondamentales ( « core values » ) définies et acceptées par la communauté.
- Communauté : Il est mis l'accent sur l'importance d'une vraie communauté et le sentiment d'appartenance à celle-ci[12]
- Ouverture : Doit être pris dans le sens de la philosophie libre et de l'open-source. Le modèle doit être reproductible et « forkable » pour l'adapter à sa propre réalité de terrain[13]
- Collaboration : Il faut être là autant pour être aidé que pour aider[14]
- Durabilité : « Une communauté qui peut se nourrir est libre. Une communauté qui ne peut pas se nourrir elle-même ne l'est pas. C'est aussi simple que ça. » (Joel Salatin). L'espace doit pouvoir subvenir à ses besoins[15]
- Accessibilité : L'espace doit être proche du domicile afin de faire partie d'un écosystème de lieux fréquentés par tous les utilisateurs[16]. Les préjugés ne doivent pas entraver l'accès de quelqu'un[17].
et une charte :
- collaboration over competition
- community over agendas
- participation over observation
- doing over saying
- friendship over formality
- boldness over assurance
- learning over expertise
- people over personalities
- "value ecosystem" over "value chain"
Bruno Moriset, chercheur en géographie physique, humaine, économique et régionale écrit en 2014 un article intitulé « Créer les nouveaux lieux de la ville créative : Les espaces de coworking »[18].
Dans celui-ci il analyse les espaces de coworking et les voit comme tiers-lieux, se basant sur les caractéristiques des tiers-lieux de Oldenburg et le règlement du Citzen Space.
Il explique également :
Ils (les espaces de coworking) ne sont pas non plus de simples « bureaux à la demande » (Regus p. ex.), qui proposent rarement une animation dédiée, et dans lesquels l'interaction sociale et professionnelle n'est pas le but recherché. » ... « Quant aux incubateurs de startups, leurs occupants doivent subir un processus de sélection qui n'est pas compatible avec le concept même de tiers-lieu. Toutefois, l'engouement pour le coworking est tel que de nombreux incubateurs implantent en leur sein un espace de coworking stricto sensu.
Mon patron m'envoie dans un espace de coworking et ça ne ressemble pas du tout à ça...
C'est normal, c'est car avant la création des « coworking space » basés sur les caractéristiques de Oldenburg il existait des « Office space », des « bureaux à la demande », des « centres d'affaire »... disposant de toutes les commodités et proposés aux entreprises pour les employés ne pouvant travailler ailleurs.
Assez vite, ces agences vont s'intéresser aux tiers-lieux puisque de plus en plus de travailleurs freelances et petits entrepreneurs préfèrent les espace de coworking et tiers-lieux (de Oldenburg) aux locaux qu'ils proposent.
Vu que notre ami Moriset parle de Régus, nous allons partir d'eux. Régus a réalisé une étude sur les « Third Place » en 2011[19], analysant ces préférences et les raisons de celles-ci. Mais le tiers-lieu reste le tiers-lieu de Oldenburg.
Ils ne sont pas là pour faire dans le social ou la gestion de communautés. Régus est une agence créée en 1989, répartie sur tous les continents, côtée en bourse et dont les sièges sont en Suisse et à Jersey, deux paradis fiscaux...
Régus et d'autres vont voir leurs espaces un peu sur le modèle du « Free to Play », concept provenant des jeux vidéos : tu as accès à « moins cher » (mais pas gratuit ici, faut pas déconner) et tu peux être là, dans le hall où l'on aura mis quelques bureaux, une petite cuisine et un kicker, mais ce qui fait tout le principe du Free to Play est la frustration : si tu veux vraiment arriver à ce que tu veux faire sans être frustré, il faudra payer.
É que s'apelerio « Espace de coworking ».
Par un tour de passe-passe, le client-travailleur n'est plus dans des bureaux à la demande proposant un espace partagé, mais dans un espace de coworking proposant des commodités payantes à une « communauté dynamique »...
Tadaaaaa!
Donc mon coworking n'est pas vraiment un coworking ?
Non... Ils ont fait comme Starbucks où l'on n'est pas dans un vrai tiers-lieu.
Bon d'accord... Ils ont fait en sorte de se faire passer pour de vrais coworking, et alors ?
Les tiers-lieux ayant été représentés principalement comme des lieux similaires à des espaces de coworking et les pouvoirs publics s'intéressant aux tiers-lieux, il pourrait être intéressant pour de gros groupes ayant les moyens que ce qui définisse les tiers-lieux soit le plus proche de ce à quoi correspond leurs activités, c'est à dire à une vision économique du tiers-lieu et non sociale.
En 2013, Antoine Burret écrivait déjà :
Aussi, le succès de ces espaces attire l’attention de sociétés de location, de centres d’affaires, ou de télécentres, qui emploient les termes « tiers-lieux » ou « espaces de coworking » à des fins marketing pour caractériser le seul aspect de bureau partagé. La dynamique communautaire au coeur des tiers-lieux est délaissée au profit d’une approche uniquement commerciale. Cette forme d’appropriation capitaliste de la transformation des pratiques peut conduire à l’étouffement des capacités créatives des tiers-lieux.[20]
Tu es en train de dire qu'il y a eu du lobbying ?
Oui. À partir de novembre 2015 les choses s'accèlèrent :
16 novembre 2015
Le gouvernement français sort une note sur les tiers-lieux, intitulée « Les Tiers-Lieux » où ils sont assimilés à des bureaux à la demande pour des entreprises[21].
Cette note se base sur un diagnostic réalisé par « D-SIDD »[22], que data.gouv.fr nous présente comme un bureau d’études spécialisé dans la valorisation des données issues de l’open data[23].
Ils définissent les tiers-lieux de la manière suivante :
Ce sont des espaces de travail collaboratif. Télécentre, espace de coworking, espace public, les tiers-lieux sont des lieux de travail partagés, utilisables de manière flexible. Grâce au développement du Très Haut Débit(> 30 Mb/s), les tiers-lieux permettent aux actifs de travailler à distance, à proximité de leur domicile.
Cette définition sera ré-utilisée, parfois directement[24] [25] [26] [27] sur un très grands nombre de sites officiels.
Si on regarde sur la WayBack Machine, D-Sidd a été créé en septembre 2015 et ne propose rien... Tout est « à venir »[28]
Si on va voir sur la page Facebook de D-Sidd[29] elle est créée aussi en septembre 2015 et ils font une dizaine de partages laissant supposer qu'ils sont pour le partage, le bien commun, l'économie collaborative, etc...
Le 24 novembre ils publieront leur avant-dernière publication, la première menant directement à leur site, le diagnostic sur les tiers-lieux. La dernière sera de janvier 2016 et sera à nouveau un sujet bateau.
Le 2 mars 2016, ils annoncent rejoindre la coopérative d'entrepreneurs Crealead afin de pouvoir commencer à effectuer des prestations, Crealead faisant dans la location de bureaux et maintenant de coworking...[30]
Avis personnel
Avant mars 2016 et leur possibilité de, enfin, faire des prestations, la seule chose faite est ce « diagnostic » qui sert parfaitement les intérêts de la structure dans laquelle il vons rentrer...
On comprend mieux où ils ont été chercher leur définition du tiers-lieu...
25 novembre 2015
« Actineo » (« L'observatoire de la qualité de vie au travail »), créé par l'« Ameublement Français », un groupe de fabriquants de meubles, sort son « Barométre » (ici). Dans celui-ci, ils nous parlent des « tiers-lieux de travail » et nous disent que 96% des travailleurs auraient déjà fréquenté un tiers-lieu.
Pour eux le tiers-lieu est un endroit où l'employé d'une entreprise exerce son emploi ailleurs qu'à son poste de travail et est, soit :
- Un autre poste de travail au sein de l'entreprise (55%)
- Le domicile (43%)
- Un espace dans les locaux du client (28%)
(Si on va voir dans les mentions légales du site d'Actineo de l'époque (merci archive.org), nous pouvons voir que « La conception et la création graphique sont réalisés par Burson-Marsteller i&e »)
10 décembre 2015
La définition Wikipédia de tiers-lieu est modifiée, ajoutant un paragraphe écrit par Philome intitulé « Les tiers-lieux de travail » où sont repris tous ces chiffres.
Philome
Si l'on va voir l'historique de la page utilisateur de Philome, nous apprenons qu'il s'agit de Maxime Drouet.
Si on va voir le LinkedIn de Maxime Drouet[31] et que nous allons voir ce qu'il faisait le 10 décembre 2015 : « Head of Digital & Social Media - Burson-Marsteller i&e ».
Nous apprenons aussi qu'il deviendra, de 2017 à 2019, directeur général adjoint de Burson-Marsteller i&e.
Et il était le seul ?
Par la suite, les deux modifications effectuées au « tiers-lieu de travail » l'ont été par PetrovNastia, qui semble avoir créé un compte juste pour cette modification et, un peu avant ça, par AnneJenny qui a modifié les termes « tiers-lieux » et « télétravail »...
Ces deux comptes n'ont été actifs que 24 heures, le temps des modifications et soit ne sourcent pas soit sources avec des billets de blogs où l'on fait dire à Oldenburg l'inverse de ce qu'il dit dans ses livres.
Mais quel pourrait-être l'intérêt commun de loueurs de bureaux et de fabricants de meubles de bureaux à vouloir voir le coworking s'étendre ???
...
Je n'ai jamais entendu parler de Burson-Marsteller i&e ! C'est qui ces gars ?
...
Burson-Marsteller i&e (que nous appellerons BCW pour faire simple)
Il s'agit d'une société mondiale gérant les relations publiques et la gestion de crises depuis 1953.
Ce sont de sympathiques personnes connues pour :
- Années 70 : En Roumanie, au début des années 70 et suite au durcissement de la dictature de Ceausescu, ils représent la Roumanie afin d'y développer le tourisme.
- Années 70-80 : En Argentine, ils s'occuperont des relation publiques de la dictature de 76 à 83, allant jusqu'à faire pression sur la presse américaine pour publier des articles en faveur de l'Argentine.
- 1984 : Gestion de la catastrophe de Bhopal, sans doute la pire catastrophe industrielle de l'histoire. Je vous invite à regarder l'excellente vidéo de Astronogeek sur le sujet[32]. 40 ans plus tard, les victimes attendent toujours un juste dédomagement.
- Années 90 : Suite aux campagnes anti-tabacs, Philip Morris fera appel à eux. Ils créeront, sur les fonds de Philip Moris, la National Smokers Alliance, un groupe de pression, soutenu par une cinquantaine de cigarettiers, afin de soutenir les droits des fumeurs et cibler les politiciens anti-tabac. Ils chercheront principalement à discréditer les études scientifiques utilisées par les ani-tabacs.
- Années 90 : Suite à un massacre organisé par l'armée d'occupation indonésienne au Timor Oriental, ils seront contactés par l'Indonésie pour améliorer leur image internationale sur les droits de l'homme afin d'encourager les investisseurs étrangers.
- Années 2010 : Facebook a fait appel à eux pour contrer Google+. Ils créeront une campagne de dénigrement qui marchera très bien... Qui se souvient de Google+ ?
- 2017 : Ils prennent Erdogan comme client...
Il est normal de ne pas les connaître car ils ne cherchent pas à être connus du grand grand public. Maintenant ils ont fussioné avec une autre agence et s'appellent « Burson, Cohn & Wolfe », ou « BCW ». Et en vérifiant, j'apprends qu'ils ont à nouveau changé de nom pour être simplement « Burson ». Ils aiment bien changer de nom et fussioner. Ils est du coup très difficile de savoir s'ils s'occupaient ou non de quelqu'un à un moment particulier.
En 2015, ils annonçaient dans leur « baromètre » que la France est parmis les pays les plus perméable au lobbying[33]
En 2020 Numérama a sorti un article parlant de la manière dont des agences modifient des pages Wikipédia pour leurs clients, montrant qu'ils connaissent très bien les rouages de Wikipédia.
Parmis celles citées : BCW, dont le CEO français s'est dit très surpris et a promis de ne plus recommencer (lol) [34]. Néanmoins, on a identifé plus d'une trentaine de comptes Wikipédia, liés à BCW, ayant effectués des modifications entre 2009 et 2020.
Nous pouvons voir que Mathilde BonMarchand cite Actineo dans ses clients lorsqu'elle travaillait chez Burson-Marsteller[35]
Ouf! Heureusement que cela a été découvert et qu'ils ne le font plus !
...
Quoi ?! Ils le font encore ?
C'est sans doute un peu plus discret.
Jusqu'à présent, si on va voir la liste des comptes Wikipédia liés à BCW, ce sont à chaque fois des gens qui ont lobbyiés en noyant cela au milieu de tout un tas de modifications légitimes afin de ne pas se faire repérer, parfois pendant des années.
Une des raisons à cela pourrait être qu'en général ces personnes le font depuis leur poste de travail et qu'ayant une IP identifiable, il vaut mieux « noyer le poisson » en ayant un compte qui semble parfaitement normal et dont on ne remettra pas les modifications en doute.
L'une des manières de repérer ces comptes a justement été l'identification des adresses IP. Quand plusieurs personnes ont des IP similaires, modifiant les mêmes articles, avec une localisation correspondant à celle d'une grosse agence de communation et de lobbying, ça se voit...
Ah oui... C'est embêtant ça si on ne sait pas changer d'IP... Surtout pour une agence de communication...
Pas si on va dans des espaces de coworking et qu'on fait en sorte qu'il y'en ai le plus possible...
Comment ça ?
Nous allons prendre l'exemple de « Welcome to the Jungle », entreprise créée en 2015 qui a véritablement pris de l'ampleur en octobre 2019 lorsqu'ils ont fait passer leur site de l'extension « .co » à « .com ».
Ce site permet de mettre en relation candidats et entreprises et a pour gros clients : BCW...
Mais également à ce moment là Néo-Nomade/LBMG Worklabs que nous verrons plus tard (ils ne le sont plus maintenant).
Dès ce changement d'extension de domaine, la défintion est créée par Mookster, présent dans la liste des bannis de Wikipédia, au côté de Maxime Drouet, pour faire partie de BCW.
Cet article n'existe qu'en français.
Il a créé la définition le 16 juillet 2019 de manière sur-sourcée par des sources clairement promotionnelles.
Mais nous pouvons voir que cette définition a été modifiée en 2024 par « 91.166.12.133 » pour : « Mise à jour des informations clés et ajout d'un paragraphe »...
Ce sera la seule modification Wikipédia effectuée par cette adresse IP.
Si nous regardons où se trouve cette IP, c'est à Clichy, où il y a un nombre incroyables d'espaces de coworkings, situés juste à côté d'une grosse agence de communication : BCW... (moins de 7km) [36]
Maintenant la plupart des groupes et entreprises sur lesquelles BCW a lobbyé ont engagé une personne qui annonce directement être rémunérée pour le faire, en général pour s'assurer de l'exactitude et la mise à jour des chiffres.
Ah oui ! Donc il n'y a pas que ceux qui louent des bureaux et ceux qui meublent ces bureaux qui pourraient voir un intérêt au coworking ?
En effet, il y'a ceux qui les utilisent pour des raisons bien particulières.
Des bureaux à la demande tels que fait pour les entreprises, ça coûte très cher à louer, donc il y'en a peu. Et maintenant tout le monde protège son Wifi avec un mot de passe donc il n'y a plus de wifi public accessible à la moindre terrasse d'un café.
Un accès à un espace de cowoking et à son IP, ça ne coûte pas cher et il y'en a beaucoup.
Une agence de communication qui voudrait, par exemple, donner un avis « local » n'a qu'à créer un compte, se connecter depuis un coworking et donner son avis de cet endroit. L'IP confirmera qu'il a été donné depuis l'endroit où se trouve l'avis donné.
Donc si l'état voit les bureaux à la demande comme des cowokings, eux-même vus comme des tiers-lieux et que l'état veut promouvoir les tiers-lieux...
Ca fournit de vrais lieux de travail à bon marché à des entreprises qui ont de changer d'IP de temps en temps pour faire le travail qui doit rester plus discret.
Woooow !!! Ca va un peu loin tout ça, je vois mal comment il serait possible d'aller plus loin !
C'est simple, nous commençons par prendre une étudiante chercheuse, par exemple Laëtitia Gabay-Mariani.
Nous l'intégrons à Burson-Marsteller comme « Consultante digital junior » pendant un an, de septembre 2016 à novembre 2017[37].
On se pose en tuteur de son master.
On lui demande de dire ce qui nous arrange.
Et nous faisons ce que l'on appelle du blanchiment d'information.
Pardon ?
Maxime Drouet est le tuteur de Laëtitia sur ce master, intitulé « Les promesses du coworking : de la rupture à l’utopie, les nouveaux territoires du travail ? Étude des imaginaires associés à la pratique du coworking », publié le 5 novembre 2017[38]
Nous retrouvons, bien entendu, un lien vers Actineo qui n'est plus actif maintenant et qui n'a jamais été archivé.
Nous retrouvons le terme « tiers-lieu » utilisé 74 fois dans un document de 140 pages.
Dès l'introduction, on nous parle parle des tiers-lieux en faisant référence au site Néo-Nomade.
C'est quoi Néo-Nomade ?
C'est un blog dédié au travail nomade, créé en 2010, qui en a une vision très particulière puisqu'ils ne sont jamais intéressés au terme et voient le « tiers-lieu » comme le nom donné aux bureaux à la demande aux États-Unis. [39]
Dès sa création, il est lié à « LBMG Worklabs ».
Ce qui est intéressant, c'est que nous le retrouvons sur le site « Welcome to the Jungle » que la page Wikipédia nous présente comme étant un site créé en 2015 pour mettre en relation candidats et entreprises.
Pourquoi s'intéressent-ils au coworking ?
Avis personnel
Car cela permet de ne pas avoir la même IP en permanence pour effectuer des modifications sur Wikipédia, ni de devoir créer un compte, tout en permettant d'avoir plusieurs profils sur un blog avec à chaque fois une IP différente en fonction du lieu.
C'est l'idéal pour un influenceur.
C'est beaucoup plus simple...
Par exemple,
On nous parle un peu de Oldenburg pour nous expliquer que ses « third place » sont leurs tiers-lieux puisque des endroits qui ne sont ni le domicile ni le travail mais un lieu proposant les mêmes possibilités.
Mais surtout, il amène à une vision possible qui est celle que l'on veut donner.
Oui mais bon, en lisant ça, c'est assez neutre et montre plusieurs façons de voir les choses. Drouet s'intéresse peut-être simplement au coworking.
Non.
Plusieurs choses ne vont pas.
Le travail nomade étant de plus en plus en vogue en France, des sites tels que Néo-Nomade.com se créent et, dès 2010, on nous présente LBMG Worklabs comme spécialiste des tiers-lieux et du travail à distance[40] mais ils ne s'intéressent pas aux tiers-lieux, ils s'intéressent au nomadisme dans le secteur du travail et ne chercheront pas plus loin ce qu'est un tiers-lieu.
Avis personnel
Nous sommes en plein dans la fabrication de consentement.
Maxime Drouet ne s'intéresse ni de près de ni de loin au coworking. Sinon il serait pas passé directeur adjoint chez Burson-Marsteller i&e...
Par contre, on voit qu'il a du lire Herman et Chomsky comme si c'était un manuel puisque une de ses publications accessibles est : « Comment disposer d'un public en deux leçons »[41].
Sa première leçon est : « Noyer le public dans d’autres considérations ». Sa seconde : « Diversifier ses attitudes face aux représentations du public ».
Selon moi nous sommes dans le blanchiment d'information, puisque des sources qui ne seraient pas acceptées dans une encyclopédie le deviennent puisqu'insérées dans un travail académique.
En lisant ce document, je pense que nous sommes aussi dans le détournement de source.
Selon moi le but de Burson-Marsteller i&e est de mofifier la fenêtre d'Overton que l'on a sur le terme tiers-lieu.
Donc c'est un coup de chance s'il a été possible de faire le lien avec BCW et que l'on peut penser à un réel lobbying ?
Oui. C'est un ensemble de petites erreurs :
- Actineo a directement fait mention à BCW dans les mentions légales de son site
- Maxime Drouet a donné son vrai nom sur Wikipedia pendant un court laps de temps
- Il a été remercié dans le mémoire de Gabay-Mariani.
Il y a d'autres choses qui pourraient faire penser à du lobbying ?
Oui : le nombre de sites plus ou moins bidons mais semblant pro parlant du sujet.
Un des clients historiques de Burson-Marsteller i&e est SAP.
Pour l'imposer en ERP/CRM, de très (très (trèèèès)) nombreux sites ont été créés, se présentant comme des spécialistes en solutions d'entreprises et faisant des comparatifs.
Ils étaient tous différents, parfois même en ne mettant pas SAP en premier, mais la majorité le faisait.
Donc, après analysé de plusieurs comparatifs, il était normal de choisir SAP...
C'est sans doute un bon exemple que Maxime Drouet a utilisé pour son « Noyer le public dans d’autres considérations ».
Mais nous avons bizarrement un grand nombre d'« observatoires », « bureaux d'études », sur tout ce qui ne concerne pas directement les tiers-lieux mais qui les mentionnent tous.
Je ne dis pas que Burson a fait ces sites, mais juste que deux entreprises dont Burson est client ont été mises en avant de la même manière.
Ca arrive souvent en France qu'on sorte un terme de son contexte réel ?
Oui, c'est exactement ce qui est arrivé avec le terme fablab. Mais ça, c'est une autre histoire qui demande un article à part entière :)
Liste des défintions
Coopérative Tiers-lieux
Un tiers-lieu est l’incarnation, dans un espace d’activités marchandes ou non marchandes, d’un contrat social qui se décompose à travers trois dimensions :
- un parcours d’émancipation individuelle
- une dynamique collective
- une démarche motivée par l’intérêt général.
Les tiers-lieux doivent permettre à chacun et collectivement, de se saisir de son pouvoir d’agir et de répondre aux grands enjeux de la transition qui s’impose à nous aujourd’hui.
Ce sont des projets structurants de territoires, qui (re)dynamisent un quartier, un village. Ces espaces sont conçus pour créer les conditions les plus favorables à l’éclosion des idées et à la coopération locale.
Wallonie Tiers-lieux
Le tiers-lieu est un espace de proximité et de travail où sont mutualisés des espaces, du matériel, des services et de l'accompagnement de projet. Les compétences des différents utilisateurs y sont mises à profit dans une perspective d’innovation et de collaboration.
France Tiers-Lieux
Espaces de coworking, friches culturelles, fablabs, tiers-lieux nourriciers… ils ont en commun de mutualiser des espaces et des compétences, hybrider des activités et réunir un collectif citoyen engagé, favorisant la coopération pour répondre aux enjeux de leur territoire.
Le terme « tiers-lieu », originaire des Etats-Unis, provient de l’anglais « third place ». Le tiers-lieu est défini au départ par le sociologue Ray Oldenburg (décédé en novembre 2022) à la fin des années 80, de manière simplifiée, comme un lieu où les personnes se plaisent à sortir et se regrouper de manière informelle, situé hors du domicile (first-place) et de l’entreprise (second-place).
Ce sont des lieux du faire ensemble : des leviers d’innovation grâce aux espaces partagés qu’ils offrent, des lieux de rencontres et de partage qui encouragent aux collaborations et aux projets collectifs.
D’abord métropolitains, le phénomène gagne les territoires ruraux, les petites et moyennes villes et quartiers de banlieue. Ils sont une majorité en dehors des grandes villes en 2021.
Les 5 éléments qui font tiers-lieux
- L’entrepreneuriat ancré dans le territoire : s’y créent des activités à impacts économiques, sociaux et environnementaux positifs à partir des besoins et ressources du territoire
- L’expérimentation et la création : Lieux du faire, souples, évolutifs et adaptables, s’y permet l’émergence de projets “hors cadre”
- Hybridation d’activités et de revenus : S’y inventent des modèles économiques hybrides, visant l’autonomie financière par des revenus divers (services, formation, loyers, restauration, fabrication…)
- Vie, convivialité et mixité : Y priment les rencontres informelles, l’accueil et la convivialité, les interactions sociales imprévues font la valeur du lieu
- La libre contribution et l’évolutivité : Les usagers sont impliqués dans le projet, ils le construisent et le font évoluer au fil du temps
Le Robert
Espace de sociabilité d'initiative citoyenne, où une communauté peut se rencontrer, se réunir, échanger et partager ressources, compétences et savoirs.
Tiers-lieux.be
Espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs.
Larousse
Espace physique hybride (bâtiment, local, etc.) destiné à être utilisé par des professionnels indépendants, des associatifs, des bénévoles, etc., afin qu'ils puissent y élaborer des projets collectifs, échanger leurs expériences, transmettre leur savoir-faire. (Si chaque tiers-lieu a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement et sa communauté, tous ont été développés grâce au déploiement du numérique partout sur le territoire.)
LaLangueFrancaise.com
- (Sociologie) Lieu de rencontre et d'échange, distinct du domicile (premier lieu) et du lieu de travail (second lieu), destiné à favoriser les interactions sociales.
- Espace conçu pour accueillir une communauté afin qu'elle puisse partager librement ressources, compétences et savoirs.
Wiktionnaire
- (Sociologie) Lieu de sociabilité et d’échange qui n’est ni la demeure (le premier-lieu) ni le lieu de travail (le second-lieu).
- Espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs.
Tactis
A l’origine la notion de « tiers-lieu » a été construite par le sociologue américain Ray Oldenburg, dans un ouvrage paru en 1989, « The Great, Good Place » pour définir des lieux hybrides en ville : « Des lieux qui ne relèvent ni du domicile, ni du travail. Des lieux hybrides qui se situent entre l’espace public et l’espace privé, contribuant ainsi au développement économique et à l’activation des ressources locales ».
Un tiers-lieu peut se définir comme un espace ouvert où des individus peuvent se réunir pour travailler, s’approprier des savoirs et/ou des compétences, pour se rencontrer ou simplement échanger de façon informelle. Nouveaux lieux du lien social, de l’émancipation et des initiatives collectives, les tiers-lieux se sont développés grâce au déploiement du numérique partout sur le territoire.
Une définition large des tiers-lieux consiste à dire que ce sont des espaces physiques pour faire ensemble : coworking, micro-folie, campus connecté, atelier partagé, fab lab, living lab, hacker space, maker space, garage solidaire, social place, friche culturelle, maison de services au public… En effet il n’existe pas de caractéristiques précises inhérentes aux tiers-lieux : chacun a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement, sa communauté. Le point commun de telles initiatives est qu’elles permettent les rencontres informelles, les interactions et l'innovation sociale.
Tiers-Lieux Grand Est
Les Tiers-Lieux sont des espaces du « faire ensemble » ; ils rassemblent une communauté d’acteurs autour d’espaces communs et d’une envie partagée de transformation : du territoire, du travail, de l’apprentissage, de l’accès à la culture…
« Faire tiers-lieux »
Au-delà des espaces physiques, faire Tiers-Lieux, c’est faire partie d’un mouvement qui promeut des valeurs de solidarité, de coopération, qui encourage le partage des savoirs, des compétences et la production de biens communs (informationnels et réels).
Tiers-Lieu Montréal
Espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs
Trois Tiers
Il s’agit de lieux qui rassemblent une communauté autour d’une identité et des valeurs, afin de permettre à celle-ci de partager ressources, compétences et savoirs, avec une volonté de construire un futur régénérateur et résilient. Au cœur de ces tiers-lieux, les humains explorent le localisme, l’autonomie, la présence de boucles fermées et la régénération des écosystèmes et du vivant.
Un tiers-lieu rayonne au travers sa pluri-fonctionnalité, ses interfaces avec le monde extérieur et sa reliance dans un maillage territorial qui génère l’abondance.
Chaque tiers-lieu est “une démarche collective d’intérêt général, qui s’inscrit dans la coopération territoriale dès sa conception. Par nature uniques, ils sont non réplicables. Ils émanent d’un collectif d’acteurs, qui ensemble souhaitent créer de nouvelles dynamiques économiques ou sociales en réponse aux enjeux de leur territoire.
étaient pas mais surtout des exemples sur ce que faisait le lieu mais en oubliant toujous d'insister d'abord sur les caractéristiques.
En francophonie, on aime dire ques
En 2010 Mathilde Servet écrira "La bibliothèque troisième lieu", prop
Nous nous sommes retrouvés avec tout un tas de définitions, totalement différentes, décrivant tout et n'importe quoi, ne tenant plus compte des caractéristiques
Ici, les choses vont aller assez vite.
Le 16 novembre 2015,
Le 25 novembre 2015,
Il s'avère que les « tiers-lieux de travail » ont été étudiés. Des lieux où l'on retrouve la configuration et où les gens sociabilisent en apprenant les uns des autres sur différents sujets (hackerspace, makerspace, jardins partagés, repair café...) et qui s'organisent en général sur un modèle associatif lorsqu'une commuanuté assez importante est créée.
Si l'on regarde les interwikis du terme, c'est flagrant, Oldenburg ayant été traduit en japonais et en russe (mais jamais en français).
Le terme n'a, en principe, aucune raison d'évoluer puisque c'est configuration sociale constatée par un sociologue, sauf qu'en France ce n'est pas ce qui s'est passé, amenant à leur institutionnalisation.
Certains lieux ont été étudiés comme des « tiers-lieux de travail », comme les hackerspaces, makerspace, jardins partagés... où se réunissent des gens pour
Ses livres ayant été traduits dans plusieurs langues (mais pas le français), de nombreux travaux académiques (et parfois documents gouvernementaux de pays non francophones) sont réalisés en se basant sur cette définition qui fait consensus. J'en ai en japonais, en russe (les deux langues dans lesquelles le livre a été traduit) mais également en espagnol, en italien, en polonais, en lituanien, en néerlandais, en allemand, en serbe... Et en anglais bien entendu.
Dans les années 2000 et début 2010 le mot évolue peu et est peu connu, ce qui est normal puisqu'au mieux il décrit les bibliothèques mais, si on lit Oldenburg, ça ne parle quasi que de lieux où se réunir pour boire un coup entre amis. Il expliquera pourquoi "boire un coup entre amis" est important à travers des exemples historiques et politiques, mais tout cela n'est absolument pas pris en compte dans la vision francophone des tiers-lieux.
Plusieurs études ont été menées sur les « tiers-lieux de travail », comme les makerspaces, les fablabs, hackerspaces, jardins collectifs... dans lesquels nous sommes dans la configuration tiers-lieu sauf que la sociabilité passe par le « faire ensemble » quelque chose que l'on ne peut faire ni à son domicile ni dans le cadre de son emploi, mais qui consiste en un travail collectif permettant à la fois le discours « discursif » et « non discursif », où, en gros, on apprend « de » l'autre tout en apprenant « sur » l'autre. (le non discursif étant la base de la sociabilité pour Oldenburg)
En 2015,
On pourrait se dire qu'ils utilisent ce terme en faisant la confusion avec les différentes théorisations des « tiers-espaces », ce qui prendrait alors tout son sens, puisqu'il est, en effet possible de créer un « third space » tel que vu par Edward Soja dans son « first » ou « second » «place» de Oldenburg, cela s'appelle un bureau ou poste de travail.
Sauf que... Ce document d'Actineo est sorti le 25 novembre 2015 et que le 10 décembre 2015 la définition Wikipédia de « tiers-lieu » était modifiée par Philome, wikipédien banni maintenant, pour ajouter tous ces chiffres dans une section « tiers-lieux de travail » à la définition des tiers-lieux qui, même si simpliste, parlait déjà clairement du concept d'Oldenburg. Il ajoutera ce baromètre à toutes les définitions traitant de près ou de loin au travail ou aux lieux où il est possible de le faire.
Philome, sur sa page utilisateur, dit travailler pour Burson-Marsteller i&e et être sur WP afin d'apporter son « expertise ».
« Burson-Marsteller i&e », devenu en 2018 « Burson Cohn & Wolfe » est surtout connu car spécialiste de la gestion des situations de crises pour des entreprises dont les crises sont méritées ou pour son lobbying sur Wikipedia (ici)...
Le problème concernant les tiers-lieux, en France avant tout, c'est qu'ils ont amené à une vision des tiers-lieux qui est complètement opposée à celle d'Oldenburg et à des « définitions » qui n'en sont pas.
Si l'on se rend sur le site de l'ANCT, l'« Agence Nationale de la Cohésion des Territoires » (ici), il n'y a pas vraiment de définition, ça ressemble sur certains aspects aux tiers-lieux
Ce que ça a amené surtout, c'est une possibilité d'institutionnalisation du tiers-lieu, ce qui est quasi impossible si on se base sur la définition de Oldenburg car l'institutionnalisation passera par dire ce qui est tiers-lieu ou non, devenant une sorte de labellisation.
Mais c'est ce qui est arrivé en France. Et en plus de ça, ils se revendiquent d'Oldenburg, qu'ils n'ont clairement jamais lu. On continue à dire : "les tiers-lieux évoluent et les tiers-lieux d'Oldenburg, c'est ça : tout et n'importe quoi même si en perde toutes ses caractéristiques.
Plusieurs articles japonais et européens ont montré comment la configuration tiers-lieu s'est mise en place instinctivement lors de grandes catastrophes (Fukushima en 2011 et les inondations en Europe de 2021), leur importance avant l'intervention des pouvoirs publics et l'importance d'un sentiment de communauté locale là où se produisaient ces événements.
Et si on se souvient, l'institutionnalisation des tiers-lieux a été rapide en France, surtout à Paris où l'on a vu le «Réinventer Paris » les mettre en avant
Si je m'intéresse à ça depuis longtemps c'est car j'ai constaté la même chose avant ça avec les fablabs. J'ai travaillé dans le premier créé en Belgique wallonne, qui était un fablab répondant au cahier des charges du M.I.T. tout en étant un réel tiers-lieu selon la définition d'Oldenburg, subsidié par la ville car participation à pas cher à un projet du M.I.T., donc : prestige.
Quand la ville s'est intéressée de plus près au projet, car marchant bien, afin de le reproduire dans d'autres, les seules choses qui ont été retenues lors de l'institutionnalisation ont été les « explications » données par les gens qui l'avait financé et la définition Wikipédia qui était très arrangeante comparée à nos explications plus complètes. La définition Wikipédia était reprise directement dans des documents officiels et c'est là que je me suis rendu compte du problème que Wikipedia pouvait avoir.
Lorsque j'ai complété la définition Wikipedia de fablab et inséré la grille d'auto-évaluation du M.I.T. pour savoir si un lieu pouvait se considérer comme étant, oui ou non, un « bon » fablab, forcément, ça a bloqué avec beaucoup de gens qui ont estimé que je cherchais à faire du tort à l'évolution des fablabs. Mais, en gros, n'importe quel lieu peut se revendiquer Fablab dès qu'il a les machines de base, il a le « diplome par défaut » car il les a (c'est un peu comme le permis de conduire une fois majeur de nos grands parents : ça ne veut rien dire quant à la qualité de la conduite, il l'avait car avait le pré-requis). Mais quatre autres critères le feront passer de « AAAA » à « CCCC ». L'institutionnalisation a amené à créer plusieurs fablabs, mettant en avant tout le côté M.I.T. et prestigieux mais ne prenant jamais en compte les chartes et règles et étant donc CCCC.
Pour en revenir aux tiers-lieux, le problème est que, au lieu de se dire qu'on va dévier le tir, on continue.
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